Radio Generation

LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : Des chefs d’entreprises ivoiriens du secteur privé renforcent leurs capacités

0

A l’initiative du PNCC et du NDC Support programme (NDC-SP) du PNUD, en collaboration avec la confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) et la chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), des chefs d’entreprises ivoiriens du secteur privé ont vu leurs capacités renforcées sur les questions de finance climatique en vue d’accroître leurs capacités opérationnelles. L’atelier de formation a eu lieu du 28 au 30 avril 2021 dans la ville balnéaire de Grand-Bassam.

Aider les chefs d’entreprises du secteur privé ivoirien en leur permettant d’acquérir des compétences en matière d’élaboration de projets selon la finance climatique ainsi que sur le développement des compétences et le transfert de technologies climatiques. Tel est l’objectif de cet atelier de formation qui a réuni plus d’une trentaine de chefs d’entreprises issus de divers secteurs d’activités.

Cette initiative résulte des défis liés à la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN)  de la Côte d’Ivoire. Défis parmi lesquels se révèle la faible implication du Secteur Privé dans ce processus. Selon Jean Yves Andé, coordonnateur du projet de préparation de la Côte d’Ivoire aux financements climatiques au sein du PNCC, «Cette faible implication est due principalement à un défaut de renforcement de capacités des acteurs du privé ainsi qu’une méconnaissance des opportunités qui s’ouvrent au Secteur Privé ».

Voilà pourquoi le programme national de lutte contre les changements climatiques (PNCC) du ministère de l’environnement et du développement durable a décidé d’outiller les chefs d’entreprises de ce secteur clé. Cette session de formation a permis de leur donner les outils nécessaires sur des thématiques climatiques bien ciblées afin de renforcer les actions à mener au niveau du Secteur Privé pour une mise en œuvre plus optimale des NDC nationales.

Le faisant, le PNCC avec pour coordonnateur Mohamed Sanogo attend beaucoup du secteur privé dans cette lutte effrénée contre les changements climatiques. « Au terme de ces sessions de formation, nous attendons que les différentes entreprises privées puissent mettre en place des projets bancables, verts, à soumettre aux différents fonds internationaux climatiques. Les projets des structures privées ivoiriennes doivent capter suffisamment de ressources pour un développement durable du pays », a recommandé Jean Yves Andé.

Claude Koutoua, président de la commission énergie-environnement au niveau du patronat ivoirien a réaffirmé l’engagement historique du secteur privé ivoirien dans l’action climatique. « On a commencé depuis plusieurs années et au fur et à mesure, on avance. On essaie de faire en sorte que l’Etat voie  que nous aussi on est engagé et qu’on essaie de pousser pour que le secteur privé prenne sa place », a-t-il indiqué. Il apparait clairement que le secteur privé ivoirien veut se donner les moyens de réussir sa mission.

Pendant trois jours donc, ces chefs d’entreprises ont été savamment outillés grâce à l’expertise de Joseph Badevokila, expert climat, formateur international, mandaté par le PNUD pour la circonstance. «La lutte contre les changements climatiques est une opportunité pour les pays en voie de développement  d’accélérer leur développement. Mais il n’y a pas de développement sans l’implication du secteur privé», a révélé le formateur.

Voilà qui traduit éloquemment le sens de cette formation qui porte sur deux volets essentiels comme l’indique M. Badevokila : « C’est une formation couplée qui porte sur deux volets capitaux, notamment le mécanisme technologique et le mécanisme financier. L’un appuie l’autre. Il n’y a pas de projet climatique réussi si le mécanisme technologique n’est pas à la base de la mobilisation du mécanisme financier », explique notre expert.

L’élaboration de propositions de projets à soumettre au fonds vert pour le climat et aux autres fonds internationaux climatiques, l’identification d’opportunités de projets du secteur privé en Côte d’Ivoire, les cas pratiques du développement des transferts de technologies climatiques sont entre autres des modules qui ont meublé cet atelier ponctué d’échanges fructueux avec les acteurs clés nationaux.  A cela il faut ajouter la découverte du CTC-N (centre et réseau de technologies climatiques) qui selon le formateur est là pour aider les pays à développer des projets idéalement bancables.

Cette session de formation va indubitablement impulser chez les acteurs du secteur privé un nouveau dynamisme en termes d’engagement sur les questions climatiques, si l’on s’en tient aux acquis de cet atelier au cours duquel les participants disent avoir beaucoup appris, comme le souligne ici Patricia Zoundi Yao, Directrice Générale de la structure CANAAN LAND. «On nous a appris à monter les projets avec des exercices pratiques. On a aussi découvert de nouveaux outils et certains mécanismes qui peuvent nous accompagner au niveau de l’assistance technique pour pouvoir mieux présenter nos projets et les rendre éligibles pour des financements verts avec des taux préférentiels ».

Tout comme elle, Monnet Nora, D G d’AFRICA WASTE CONSULTING repart satisfaite de cette formation et n’entend pas lésiner sur les acquis. «Je mettrai tout ça en application dans mes projets pour pouvoir faire bénéficier mes clients et partenaires afin de puiser le meilleur accompagnement possible pour la réalisation de leurs projets», a-t-elle déclaré.

Ce n’est pas Guillaume Assy, chef du département genre et développement durable de la BNI (Banque Nationale d’Investissement) qui nous dira le contraire. «Maintenant, on va regarder d’un autre œil les préoccupations du secteur privé, parce qu’avant on ne comprenait pas véritablement leurs différents besoins. Aujourd’hui, lorsqu’on a un dossier, on sait qu’au-delà même des critères classiques d’analyse financière, il faut mener une analyse complète pour satisfaire tous les besoins des entreprises qui s’intéressent au financement des actions climatiques», dira-t-il.

Ce fut un atelier très enrichissant qu’il convient de perpétuer et élargir à d’autres entités afin de rendre la lutte contre les changements climatiques de plus en plus efficace en Côte d’Ivoire. D’autant plus que conformément à l’accord de Paris signé en 2015, le pays a soumis ses CDN avec pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 28% à l’horizon 2030.

Source : Afriquegreenside.com

Share.

About Author

Leave A Reply